Spring and All
Mel Arsenault, Lorna Bauer, Andréanne Godin, Tristram Lansdowne, Laurent Le Bel-Roux, Natia Lemay, Laur P, Devon Pryce, Frédéric Tiffet, Carl Trahan
Lorna Bauer, Radiolarian (detail), 2025, Verre façonné au four, miroité à la main, 91.4 x 61 cm (36 x 24 ")
du 7 mars au 11 avril, 2026
La Gallery Nicolas Robert, à Toronto, est heureuse de présenter Spring and All, une exposition réunissant des œuvres d’artistes de la galerie qui réfléchissent à la relation entre l’art et le monde « naturel ». Si la notion de nature n’est pas fixe, nous l’avons généralement définie, en tant qu’êtres humains, comme le monde matériel distinct de l’intervention humaine. Or, cette frontière devient de plus en plus floue à mesure que l’impact, l’interaction et l’intervention humaines dans la nature s’intensifient. Les œuvres de l’exposition interrogent toutes cette distinction instable, nous invitant à considérer la diversité des approches au sein de la longue tradition artistique en relation avec le monde au-delà de la culture.
Parmi les œuvres présentées, les expériences de pigments secs sur papier d’Andréanne Godin résultent d’une série liée à sa pratique de la plongée en apnée et à ses visions de paysages sous-marins, tandis que les tableaux à l’aquarelle de Tristram Lansdowne opposent la vie végétale à nos tentatives de la contenir, alliant virtuosité technique et humour. Natia Lemay poursuit sa réflexion poétique sur la peinture « noire », en révélant sa pluralité non seulement dans la diversité chimique de la peinture elle-même, mais aussi en termes de subjectivité, transformant paysage et plante en puissants lieux de potentiel narratif. La peinture de Devon Pryce utilise avec concision et élégance les symboles animaux et végétaux comme déclencheurs allégoriques, tandis que chez Frédéric Tiffet, couleurs et motifs naturels se mêlent aux préoccupations formelles de la peinture, rendues avec sensibilité en relation avec l’architecture. Dans ses expérimentations alchimiques en céramique, Mel Arsenault crée ses glaçures à partir de minéraux bruts qu’elle applique sur des structures d’argile façonnées à la main, qu’elle propose comme des peintures sur une « toile » minérale. Laurent Le Bel-Roux explore le camouflage animal et le potentiel de l’abstraction dans Alula, titre qui renvoie à la petite partie de l’aile d’un oiseau agissant comme un « pouce » articulé.. L’œuvre en verre miroitant de Lorna Bauer reflète ses recherches sur le développement simultané de la photographie, du verre commercial et de la botanique, tandis que les peintures de Laur P oscillent entre des perspectives micro et macro, allant d’une vue géologique à vol d’oiseau à une composition biologique microscopique. Enfin, Carl Trahan poursuit sa réflexion autour des écrits du philosophe Eugene Thacker, avec des peintures élégantes évoquant un monde « sans nous » au sens thackérien — un monde qui pourrait à la fois précéder et suivre notre présence sur cette planète que nous appelons la Terre, dans une vision cosmique.
