Kristan Horton
One Block
Kristan Horton, One Block (OB0018), 2025, Encre noire sur papier kraft, 12 x 27”
du 15 janvier au 21 février, 2026
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La série « One Block » présente des variations issues d’un seul et même bloc de bois — produisant des dizaines d’estampes altérées de 12 x 27 pouces sur papier kraft, où le « bruit » du frottage sert de surface de base pour des marques interprétatives. Le résultat est hypnotique : des champs abstraits oscillant entre chaos et figuration, invitant le regardeur à co-construire le sens. La retenue d’Horton, qui privilégie l’accident plutôt que l’impulsion, donne naissance à des œuvres profondes et contemplatives, faisant le lien entre le hasard analogique et les interrogations contemporaines liées à la formation des images à l’ère numérique. Dans un monde de l’art dominé par le spectacle, ce projet sans fin apparaît comme radicalement silencieux et génératif.
Au cœur de l’exposition One Block se trouve l’intégration de bases accidentelles, proches du bruit visuel, issues du frottage — une technique consistant à frotter un unique bloc de bois trouvé sur papier afin de produire des motifs texturés et aléatoires, comparables à une forme de statique visuelle. Horton intervient ensuite de manière sélective à l’aide du pinceau et de l’encre, accentuant les formes émergentes dans un processus évoquant la paréidolie : la capacité à discerner des formes dans les nuages ou les taches de Rorschach. Toutefois, comme Horton le formule, il s’agit moins d’un exercice de projection ludique que d’une enquête sur la perception, ancrée dans la vision par ordinateur, la théorie de l’information (notamment le décodage prédictif des signaux chez Claude Shannon) et les phénomènes d’émergence biologique (les idées de Denis Noble sur la conscience issue du bruit, ou encore les moisissures visqueuses capables de résoudre des labyrinthes).
La récente exposition solo de Kristan Horton, None of This Is In My Mind (Oakville Galleries, février–mai 2025), présente son « projet de dessin infini » — une œuvre monumentale, en expansion perpétuelle, réalisée à l’encre noire sur papier kraft, qui incarne une accumulation ritualisée et résiste à toute idée d’achèvement. Cette série méditative marque un retour à un geste primordial pour l’artiste canadien basé à Montréal, dont la pratique multidisciplinaire antérieure explorait fréquemment la photographie, la sculpture et la reconstitution cinématographique (notamment ses célèbres recréations de Dr. Strangelove).
(Nombre de mots : 248)
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Kristan Horton (né en 1971 à Niagara Falls; vit et travaille à Montréal) a une pratique multidisciplinaire comprenant la sculpture, le dessin, la photographie et la vidéo. À travers des processus de construction stratifiés, à la fois matériels et virtuels, il a réalisé plusieurs projets sur le long terme, liés conceptuellement par leur structure sérielle et épisodique. Ancrée dans une recherche rigoureuse en atelier, sa démarche donne forme à ses sujets par des approches innovantes et expérimentales des différents médiums. Il a étudié à l’Université de Guelph (MFA, 2007) ainsi qu’à l’Ontario College of Art and Design (BFA, 1996). Depuis la fin des années 1990, il mène une carrière d’exposition nationale et internationale, avec des présentations notamment à White Columns, New York (2008); Münchner Kammerspiele, Munich (2008); Glassbox, Paris (1998); ZKM, Karlsruhe (2002); Kiasma Museum of Contemporary Art, Helsinki (2003); Inter Communication Center, Tokyo (2002); York University Art Gallery, Toronto (2007); The Contemporary Art Gallery, Vancouver (2007); Buffalo AKG Art Museum, Buffalo (2008); Salzburger Kunstverein, Autriche (2020); Musée d’art contemporain de Montréal (2020); Alberta Art Gallery, Alberta (2017); SVETOVA 1, Prague (2022); Power Plant, Toronto (2006); Art Gallery of Ontario, Toronto (2015, 2009) et le Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (2014).
