Maude Corriveau
Chambre d’écho

 
 

du 26 février au 5 avril, 2026

Dans cette série, Maude Corriveau explore la matière textile à travers une déclinaison de rideaux diaphanes effleurant des surfaces miroitantes. La peinture y est envisagée comme un seuil de passage et de glissement perceptuel. Le voile y devient un opérateur optique, un dispositif qui module la lumière, la couleur et la profondeur, tandis que le sol fonctionne comme reflet liquide, créant des zones de résonance qui absorbent l’image autant qu’elles la prolongent.

Les rideaux se dédoublent et s’écrasent doucement, introduisant des tensions entre légèreté et densité, entre flottement et compression. L’image ne se réfléchit pas à l’identique : elle se déforme et s’étire pour révéler des scènes intérieures ambiguës, à la fois closes et perméables. Ce qui est donné à voir ne se livre pas entièrement, relevant à la fois de la représentation et de sa réverbération. La surface picturale agit comme une chambre d’écho, où le motif et sa reprise altérée, le mouvement et sa trace, se répondent dans un même espace ralenti.

Corriveau inscrit dans la peinture une temporalité façonnée par le vacillement subtil des voiles. La superposition de transparences et la modulation des plis en mouvement donnent lieu à des zones de flou et d’effacement accentuées par des palettes resserrées. Chaque œuvre privilégie une continuité tonale au sein de laquelle les couleurs se diffusent par dégradés, amplifiant la sensation de glissement. Ici, la peinture ne cherche pas l’éclat, mais une forme de retenue presque spectrale, engageant le regard dans une attention prolongée. (244 mots)