Jérôme Nadeau
A Good Sleeper
du 8 avril au 23 mai, 2026
La Galerie Nicolas Robert est heureuse de présenter A Good Sleeper, une réitération de l’exposition Mercy, then Metal de Jérôme Nadeau présentée à la Galerie Nicolas Robert, Toronto, à l’automne 2025 avec des oeuvres additionnelles.
La démarche de Nadeau repose sur une méthode systématique de production d’images. Elle se construit à partir d’une vaste matrice visuelle alimentée par des recherches d’images inversées. Des dessins, inspirés par des motifs issus de cette constellation, y sont régulièrement intégrés. Chaque image produite devient à son tour un point de départ pour de nouvelles recherches, générant ainsi un cycle autoréférentiel en constante expansion. De cette accumulation, de cette collision de langages, une tension productive émerge. Des possibilités surgissent là où contamination, hasard et choix ne s’imposent jamais comme une résolution, mais comme un seuil, porté par l’intuition, où des récits personnels résonnent dans ce qui est retenu, écarté ou laissé en suspens.
Les peintures réunies pour l’exposition s’élaborent à travers plusieurs phases. À travers ce parcours, les images glissent et se transforment d’un état à un autre : dessins et photographies sont numérisés, compressés, traduits en son, puis reconvertis, imprimés, modifiés, scannés et reconfigurés numériquement avant d’être sérigraphiés à la limite de la lisibilité. Les œuvres ne cherchent ni à illustrer ni à stabiliser, mais plutôt à sonder ce qui vacille : les seuils flous de la perception, les zones de bruit, les surfaces contaminées par l’erreur et l’incertitude.
Il y a ce moment, juste avant le sommeil, où le monde s’efface. Les yeux, eux, persistent. Refusent la nuit. Libéré de ses fonctions, notre système visuel commence à produire ce qu’il porte, révélant peu à peu son architecture intime. Pulsations lumineuses, poussières microscopiques, miroitement, oscillations: un vortex dans une mer close. Lorsque la perception extérieure cède, celle-ci se replie vers l’intérieur. Le système se sent lui-même et transporte ses propres ruines. Ce qui émerge ne relève plus de l’objet, ni du visible à confirmer. C’est un champ instable, sans point d’ancrage, des apparitions privées qui ne répondent à rien d’extérieur, échappant à la capture, échappant au récit. Les panneaux de verre sous les œuvres mettent en tension deux fonctions : voir à travers, et voir revenir. Entre l’image et le regard, une surface agit. L’accès vacille, partiellement parasité. - Jérôme Nadeau
Jérôme Nadeau vit et travaille à Montréal (QC). Il est titulaire d’une maîtrise en photographie de l’Université Concordia (2016). Son travail a été présenté dans plusieurs expositions individuelles et collectives, incluant LVH (Londres, UK, 2024), Eolith (2023), la Fondation Grantham (2022), à la Galerie Nicolas Robert (2019, 2021), au Musée d’art contemporain de Montréal (2020), à la Galerie René Blouin (2018), Occurrences (Montréal, 2016), Galerie Leonard & Bina Ellen (2016), Battat Contemporary (2016), Parisian Laundry (2016), Gallery 44 (2014) et à la Gallery Monitor (Gothenburg, Suède, 2014). Il est récipiendaire des bourses Mildred Lande and Margot Lande Fellowship in Photography (2013) et le Roloff Beny Fellowship in Photography (2015). Jérôme Nadeau est également le fondateur et codirecteur de soon.tw, une maison d’édition en art contemporain.
