Arta Ajeti
Dreamed her badly

 
 

du 8 avril au 23 mai, 2026

Galerie Nicolas Robert is pleased to present Dreamed her badly, a first solo exhibition by the artist Arta Ajeti.

Dans ce corpus d’œuvres, des dessins intimes au graphite représentent des figures féminines oscillant entre mise en scène de soi et retrait. Situés dans des intérieurs oniriques et des espaces indéterminés, les corps émergent à travers des éclairages abrupts, des voiles d’ombre et des drapés chatoyants. Les compositions sont soigneusement construites, mais résistent à toute résolution narrative. Les dessins maintiennent plutôt la figure dans un état instable, à la fois consciente d’elle-même, vulnérable et difficile à saisir pleinement.

Travaillant à partir d’un archive personnelle de photographies sélectionnées de manière intuitive, assemblées et souvent déjà altérées, l’artiste considère la collecte d’images comme une dimension structurante de sa pratique. Détachés de leurs contextes d’origine, ces fragments sont retenus pour leur potentiel affectif — geste, texture, posture — puis réassemblés comme point de départ des dessins. Utilisant le graphite à la fois comme médium descriptif et corrosif, ces références sont traduites par superpositions, estompages et reprises successives. Certaines zones, éclairées au flash, sont poussées vers la surexposition, tandis que d’autres formes s’effondrent en champs denses, presque noirs, mettant à l’épreuve le seuil où l’image commence à se désagréger et où réel et imaginaire deviennent difficiles à distinguer.

À travers l’ensemble, des figures féminines apparaissent et disparaissent comme des apparitions ; leurs corps sont à la fois souples, réfléchissants, lumineux, et parfois étrangers à eux-mêmes. Autour d’elles, voitures accidentées, rideaux théâtraux, écrans saturés de parasites, cages d’escalier, nuages orageux et surfaces ornementales composent un univers où glamour et détérioration coexistent dans une tension instable. Nourris par une pensée psychanalytique, les dessins construisent un monde façonné par le désir, l’identification et la perte, où le sens adhère aux surfaces, aux gestes et aux fragments, et où la figure apparaît moins comme un sujet stable que comme quelque chose qui échappe sans cesse à toute définition.

Arta Ajeti est une artiste basée à Montréal, travaillant principalement le dessin. Elle poursuit actuellement une maîtrise en peinture et dessin à l’Université Concordia et est titulaire d’un baccalauréat en illustration de Parsons, The New School for Design (2017). Parallèlement à sa pratique en atelier, elle possède plusieurs années d’expérience professionnelle en tant qu’illustratrice et tatoueuse, ce qui nourrit sa sensibilité au dessin et à l’image. Elle a participé à plusieurs expositions collectives, dont Melted City 5 à Blanc Gallery (2025) à Quezon City, Flash chez Harsh Collective (2024) à New York, Friends of Friends à Project HOY (2022) à Montréal, et Melted City 4 à Yui Gallery (2018) à New York. Son travail a été reconnu par plusieurs distinctions, dont le Tom Hopkins Memorial Graduate Award et le Leslie Schalk Painting and Drawing Award (2026).