Simone Rochon
Formes fléchies

IMAGE FB EVENT.jpg

20 janvier au 24 février 2018

La Galerie Nicolas Robert est heureuse de présenter Formes fléchies, la troisième exposition de Simone Rochon à la galerie.

On aimerait appeler dessins ces collages fins et acérés. Le geste se manifeste ici comme rarement dans le travail de Simone Rochon. Organique, le trait semble reproductible. Les formes fléchies posent un indécidable entre rigidité et souplesse. Les compositions, ni abstraites ni figuratives, rappellent les collages modernistes : des membres improbables sur un objet tronqué, jouxté au journal de la veille. Le fond intouché laisse paraître la matérialité du support, jusque là gommée par l’artiste. Celle-ci affirme s’éloigner d’une volonté de réalisme photographique, pourtant elle se rapproche de la facture, de la volupté de ce médium.

La lumière n’a pas de source dans les œuvres de Simone, et les objets qui s’y retrouvent n’ont pas l’habitude de la transparence. Dans la présente série, les papiers s’apparentent aux pellicules déposées sur une table lumineuse, ou aux radiographies consultées sur négatoscope. La duochromie des éléments collés rappelle le négatif et ses manipulations en chambre noire, mais aussi certains effets obtenus en postproduction numérique. Ou le tracé d’un pinceau mouillé sur un papier photosensible. L’évocation de la photographie argentique se sent jusque dans les textures subtiles des ombres, finies à l’encre métallique.

Difficile de percevoir une référence à l’échelle. Seules quelques ombres portées, flottées, nous rattachent à un vague horizon. Les ombres souples sont parfois celles des traînées d’encre, tantôt celles de réminiscences matérielles. Des impressions de volumes angulaires résolvent nos désirs de tridimensionnalité. Elles tendent vers l’espace sculptural en trouvant leur assise dans l’aplat, tandis que les ombres demeurent dans la dimension du papier.   

Les sculptures installées confirment ces tensions. Les pincements, torsions, plis, déploiements et renflements forcent les deux dimensions à devenir trois, en restant malgré tout un peu deux. Comme souvent chez l’artiste, une surface en révèle une autre : le négatif, son envers. Le matériau précis et léché contre (tout contre) son ombre matte et texturée.

L’artiste détient une Maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM. Récemment, son travail a été présenté à Toronto à la galerie Angell (2017), à Calgary dans le +15 Window Space de la Stride Gallery et à Montréal à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (2016). Ses œuvres sont présentes parmi plusieurs collections privées et publiques, notamment la Collection Desjardins d’œuvres d’art, la collection Prêt d’œuvres d’art du MNBA, la collection de la Ville de Montréal et la Loto-Québec.

- Charlotte Lalou Rousseau